Mardi 6 novembre 2007 2 06 /11 /Nov /2007 03:56

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 La Guadeloupe est une île. Cette réalité insulaire a façonné l'histoire de notre archipel. Que ce soit du point de vue économique, social, ou culturel, le littoral y a toujours joué -et y joue encore- un rôle primordial. Partout, cette zone de contact entre la terre et la mer, de la même façon qu'elle influence la vie végétale et animale, pèse sur la vie des hommes.

Dans l'étude qu'elle a consacré aux habitations-sucreries du littoral guadeloupéen, Danielle BEGOT, professeur à l'Université des Antilles et de la Guyane, estime que « ce milieu géographique, tel qu'il apparaît dans la longue durée de la colonisation européenne, est avant tout une aventure humaine ».

Le littoral en effet, poursuit Danielle BEGOT, constitue en quelque sorte l'élément fondateur du front de colonisation. Ainsi, la proximité du bord de mer a toujours constitué un fort argument dans les transactions foncières. A cela plusieurs raisons. La première est que la côte n'est pas seulement un espace physique. Véritable « topos » mental pour le colon, la mer est le seul lien qui lui reste avec sa mère patrie.

La seconde est que le littoral est une zone de haute rentabilité économique. Très longtemps, la mer est demeurée la seule voie fiable pour assurer les échanges commerciaux. C'est par la mer que sont transportées, pour être vendues sur les marchés des grandes villes Basse-Terre et Pointe-à-Pitre, les denrées cultivées (vivres, café, épices...) par les habitants.

Selon les conditions géographiques qu'elle offre, la côte est tantôt une ouverture sur le monde, tantôt une fermeture, et par conséquent une protection vis-à-vis des menaces (naturelles ou militaires) de l'extérieur. Cette double préoccupation a pour effet de favoriser l'ambiguïté de la relation de l'homme avec son littoral. D'ailleurs, si beaucoup de colons choisissent de s'installer en retrait de la côte, c'est souvent moins par respect de la loi sur les « 50 pas du Roi » que par crainte des risques de raz de marée dans une région exposée aux cyclones...

La relation que l'homme guadeloupéen entretien avec le rivage s'exprime par ailleurs dans les aménagements de toutes natures qu'il y opère. Durant les premiers temps de la colonisation, on se contente le plus souvent d'utiliser des sites faciles d'accès -de type plage- où l'accotement est possible sans danger. Mais dès le 18è siècle apparaissent les appontements, essentiellement construits pour faciliter l'évacuation des productions,  notamment du sucre.

L'avènement des grandes usines à sucre centrales à la fin du 19è siècle (Darboussier à Pointe-à-Pitre ou Beauport à Port-Louis par exemple) n'aura d'autre effet que d'accélérer l'aménagement du bord de mer avec la construction de véritables petits ports, points de jonction entre les voies ferrées qui charrient les cannes et les grandes gabarres porteuses de sucre.

Grâce à des moyens autrement plus sophistiqués que ceux dont ils disposaient voici encore un siècle, les occupants de la Guadeloupe poursuivent inlassablement l'oeuvre commencée par leurs prédécesseurs.

Des milliers d'hectares de mangroves, de forêts marécageuses, et de zones humides sont ainsi chaque années détruits ou comblés pour construire des routes, des lotissements, des zones industrielles... L'homme n'est pas au bout de l'aventure dans laquelle il s'est lancé il y a plus de 350 ans.

  Gwadloupe Littoral

Par Laurence, Pierre-Yves et Aurel
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